Joe Satriani et les Guitares Vintage

Voici un tour d’horizon de la collection personnelle de Joe Satriani, qui nous offre là un splendide panorama de ses vieilles guitares vintage. Des guitares qui ont su se démarquer parmi les autres jusqu’à parfois l’accompagner tout au long de sa brillante carrière.

L'interview de Joe Satriani sur les guitares vintage
Pour avoir plus de précisions sur ces guitares, rendez-vous sur la page de l’interview complète!
[bulleted_list style= »gray »] [/bulleted_list]

Une panoplie de Gibson

1955 Gibson Les Paul / 1958 Gibson Les Paul Junior / 1958 Gibson Les Paul TV Special / 1960 Gibson Les Paul Special

  • 1955 Gibson Les Paul (1) La goldtop. Quand Mike Pearce me l’a apportée, je suis tombé amoureux de sa sonorité. Mais j’ai aussi adoré son design ; c’est exactement mon type de guitare – un design complètement déglingué. Mike disait, « Je crois que ça a appartenu à Steve Hunter », ce qui ajoutait à son cachet. Elle semblait en bon état et était dans un étui où on pouvait lire « Steve Hunter ». Nous étions vraiment très excités, car Steve Hunter était partie intégrante de notre ADN Rock’n’roll. J’allais prendre la guitare, de toute manière, juste parce que c’était une belle pièce.Et puis d’un coup, environ un an plus tard, je me retrouve sur scène aux côtés de Steve Hunter grâce à un ami. Après ça, je lui ai dit, « Steve, j’ai cette magnifique goldtop qui t’a appartenu. » Et tout de suite il m’a dit, « Je ne sais pas d’où tu tires ça, mais ça ne m’a jamais appartenu. » C’était bien la preuve que souvent dans la vie, tout est dans la tête ! On voit une vieille guitare et si quelqu’un dit quelque chose comme, « ça a appartenu à Jimmy Page pendant un an », votre cerveau déraille et vous commencez à penser que la guitare dégage plus de charme. Je dois me rappeler, à chaque fois que Mike apporte une guitare, à ne pas acheter quelque chose parce que ça a une fois appartenu par quelqu’un qui fait la une de Vintage Guitar ou autre chose !
  • 1958 Gibson Les Paul Junior (2) Pierre de Beauport m’a trouvé ça à l’époque de The Extremist. Celle-là et la TV Special de 1958 m’ont fait réfléchir au fait de collectionner des guitares en tant que pièces et non pas comme instruments. J’avais mon modèle Ibanez et c’était l’instrument qu’il me fallait pour m’exprimer. Mais j’ai commencé à réaliser que pour créer un grain qu’on pourrait appeler « Classic Rock », on avait besoin d’instruments de cette époque. J’avais pas mal de Juniors et me suis lassé de la plupart car elles ne souffraient la comparaison.
  • 1958 Gibson Les Paul TV Special (3) C’est un tellement bon élément ! J’étais rentré dans le magasin de Chris Cobb, Real Guitars, un jour, à San Francisco, sans penser acheter quelque chose. Mais il y avait 2 Strats des années 1960 – une de 1964 et une de 1961 – en consigne. Je n’arrivais pas à y croire, je cherchais quelque chose comme ça depuis 10 ans. Et puis de fil en aiguille, je les ai achetées. Ensuite Chris a dit, « Si tu es d’humeur à acheter des trucs, j’ai ma Special ici. » Il me l’a sortie, et je ne pouvais pas y croire.J’en avais eu quelques-unes, mais elles m’ont toujours résistées, en tant que guitariste. Tandis que celle-ci était extraordinaire, j’étais enchanté ! Je n’arrivais pas à croire à quel point elle sonnait bien et avec quelle facilité elle se jouait. Il l’avait achetée à un vieux joueur de Rock’n’roll qui lui avait dit qu’il en était le seul propriétaire. J’étais névrosé, et il me la fallait. C’était un après-midi onéreux, puisque que je sortais du magasin avec trois étuis !
  • 1960 Gibson Les Paul Special (4) La Cherry Red à double coupe. J’ai eu ça au magasin Gruhn, à Nashville. J’adorais cette guitare jusqu’à il y a deux semaines, quand nous avons fait cette séance de photo. Je me disais, « Comment ça se fait que je n’en ai pas joué récemment ? » Je l’ai donc branchée sur l’ampli half-stack de Sam ici dans le studio, et je n’en ai juste rien sorti. J’étais en mode « Oh non ! », ce qui est le début de la névrose inversée où je me dis « Je dois m’en débarasser parce que… »
[hr_small] Haut ▴

Les JS-2 authentiques et autres perles

1958 Gibson L-5CES / 1965 Gibson J-45 / 1966 Fender XII / 1990 Ibanez JS-2 Chrome Boy et Refractor

  • 1958 Gibson L-5CES (5) J’ai lutté avec cette guitare. C’est une de celles dont on ouvre l’étui, on la regarde, on la sent, et on en tombe amoureux. Mais si je n’arrive pas à comprendre comment jouer de la bonne musique dessus, ça finit par me déranger que j’aie cette guitare si onéreuse en ma possession et qu’il n’y ait que 100 types au monde qui pourraient jouer de la belle musique dessus. A la place, elle est dans mon placard. Ça m’embête vraiment. Elle et la Cherry Red Special sont sur la liste intitulée « Peut-être devrais-je les vendre et trouver une autre Hagstorm III ou autre… » (rires) Qui sait ?
  • 1965 Gibson J-45 (6) J’étais à Caracas au Venezuela un soir et un type vient à ma rencontre en face d’un restaurant et me dit « Je suis un très grand fan, j’adorerais que vous preniez cette guitare. » J’ai donc répondu, « Eh bien, merci. » Super, vous savez ? Elle a le chevalet ajustable et c’est une magnifique guitare. Je l’ai immédiatement aimée, et j’ai tout de suite écrit des chansons sur elle ; j’ai écrit « Bitten By the Wolf », qui a fini sur le premier disque de Chickenfoot. Je crois que j’y ai écrit « Different Devil » dessus, aussi, sur le dernier disque de Chickenfoot. Le chevalet était une erreur pour Gibson, mais la guitare est un bel exemple de la magie qu’ils peuvent créer avec leurs acoustiques. J’y avais fait y mettre un nouveau chevalet par Gary Brawer, et dieu que cette guitare sonne bien – la meilleure Gibson acoustique qui n’ait jamais été en ma possession.
    On ne peut pas comprendre ces choses, on pense que la bonne façon de faire serait d’aller dans une boutique ou une usine pour qu’ils fassent les choses exactement comme on les veut, mais ça ne se passe jamais comme ça. J’ai reçu une guitare, comme ça, une nuit, en rentrant dans un restaurant… c’est aussi bizarre que possible !
  • 1966 Fender XII (7) C’est Michael Pearce qui me l’a obtenue, je lui avais mentionné le fait que j’en voulais une. J’avais une Rickenbacker et il a dit, « Beaucoup de gens qui disent avoir utilisé une Rickenbacker utilisaient en fait une Fender XII. » Donc il s’amène un jour avec cette belle Candy Apple Red XII, et je jouais dessus sur absolument tous les disques. C’est une guitare avec une sonorité juste fantastique. J’appris qu’elle fait ce que la Rickenbacker ne fait pas – mais elle ne fait pas ce que la Rickenbacker fait ! (rires) La Rickenbacker fait « twang » comme aucune autre. Branche-la sur un AC30, allume-le, et c’est l’ultime guitare « fairy dust », pour les cas où tu as besoin d’un petit quelquechose de brillant pour un pont ou un chorus.
    À chaque fois que j’ai des parties difficiles à jouer et qui ont besoin d’être mélodieuses et pas ouvertement clinquantes, j’utilise la Fender. Il y a une chanson nommée « Cool New Way », sur le disque Super Colossal qui se résume à des guitares avec des harmoniques – sans accords – et je branche la Fender sur le canal de gauche et la Rickenbacker sur le droit, et elles se complètent si bien l’une l’autre.
    Ça m’a amené à créer l’Ibanez JS-1200, et j’ai vraiment pris des photos détaillées de la finition de cette guitare et dit à Ibanez, « Ça serait bien d’avoir une JS de cette couleur. »
  • 1990 Ibanez JS-2 Chrome Boy et Refractor (8 & 9) À la base, j’en avais trois duant cette période, nommées Chrome Boy, Refractor, et Pearly. Pearly avait été volée quelques années auparavant alors que j’étais en tournée. La Chrome Boy était ma préférée, tandis que Pearly avait un ton plus clair, pour une raison inconnue. Le vernis chromé a réellement créé un ton différent à chaque fois qu’un corps était introduit dans ce matériel.
    Malheureusement, ils utilisaient du vrai chrome, et chaque fissure créée dans le vernis décollait l’enduit, craquelait le corps et le rendait aiguisé. Il y a donc beaucoup de plastique épais appliqué sur la guitare pour éviter que mes mains ne soient râpées par un bout écorné de chrome qui dépasserait du corps. Ces guitares-là sonnaient mieux d’année en année. Au début, quand les gars ont livré les guitares, je me rappelle avoir pensé, « Wow, elles sonnent compressées ou quelque chose dans le genre », et je les ai mises à l’épreuve. Et je ne sais pas si simplement le fait de les avoir trimbalées et exposées à un volume de scène chaque nuit les a aguerries, mais plus tard, elles sont devenues mes préférées, surtout la Chrome Boy.
[hr_small] Haut ▴

La Kramer et les Donnies

1984 Kramer Pacer / 1990 Ibanez JS 3 Donnie Hunt

  • 1984 Kramer Pacer (10) C’est la guitare que j’ai utilisé pour mes deux premiers albums solo, Not of This Earth et Surfing With the Alien. Après avoir fini Surfing, je suis allé à un Namm Show et nous avons fait circuler l’album. Ça a été le moment où mes relations avec Ibanez ont commencé ; on m’a présenté à D’Addario et DiMarzio et, par le biais de Steve Vai, aux gars de chez Ibanez. Ils ont dit, « Nous adorerions vous faire une guitare. » Et j’ai répondu, « S’il vous plaît ! Aidez-moi. » car la Pacer tombait constamment en morceaux ou sonnait beaucoup trop faux.
    C’était inhabituel parce que ce n’était pas un modèle de production : je l’avais achetée à Guitar Center, et elle a été montée, je crois, dans l’arrière-boutique. Elle avait un corps de Pacer, le manche provenait d’une autre Pacer, et elle avait un mélange de pièces dorées et argentées. Les micros Schaller originaux avaient disparu depuis longtemps, je les remplaçai avec des Seymour Duncans ou des DiMarzio, et toutes les deux semaines il y avait quelque chose de différent avec la guitare. J’étais tellement content d’arrêter de jouer sur cette guitare ! (rires) C’était dur. Mais c’était une partie sympa de mon histoire.
  • 1990 Ibanez JS 3 Donnie Huntr (11, 12 & 13) J’ai trois guitares Donnie Hunt originales. Donnie était un artiste dans la Bay Area qui est décédé il y a deux ans. Il enseignait l’art à l’Oakland School of Arts and Crafts, et peignait juste tout dans son environnement – son loft, son téléphone, ses chaussures, ses vestes, n’importe quoi.
    Je lui ai fait peindre deux guitares, puis l’ai emmenée chez Ibanez, et ils l’ont tout simplement engagé. Je crois qu’il en a peint 300 versions, tout incroyablement différentes. Donnie a également fait beaucoup d’habits embarrassants de mes débuts de carrière ! C’était des trucs de friperie – très difficile à effacer de sa route ! J’en avais quatre à la base, mais ma préférée a été volée.
[hr_small] Haut ▴

De vieilles Strats en réserve

Ibanez Futura / 1948 Martin 000-21 / 1969 Fender Stratocaster / 1964 Fender Stratocaster

  • Ibanez Futura (14) Doug Doppler m’a donné ça en cadeau il y a quelques années. Elle sonne vraiment très chaud. Je ne l’ai pas encore utilisé pour un de mes albums, mais je la garde dans un coin de ma tête en tant qu’une bonne guitare slide ou dans le genre.
  • 1948 Martin 000-21 (15) Elle a une petite modification intéressante – un micro Sunrise, que j’ai un peu utilisé sur un ou deux albums. J’ai demandé à Gary de replacer le chevalet et d’y mettre un de ces sillets en deux parties pour le chevalet. On l’a utilisé pour « Starry Night » et plein de morceaux où il y a une partie acoustique dans l’accompagnement. À mon fils ZZ et moi… C’est notre acoustique favorite à la maison.
  • 1969 Fender Stratocaster (16) C’est une Strat Olympic White originale avec manche et tête en érable. Elle est vraiment belle.Enlevez la grille de protection et vous voyez sa couleur à l’original, vraiment splendide. Je l’ai utilisée pour la mélodie de « Two Sides to Every Story » dans mon dernier album solo. Les guitares Fender ont eu toute sortes de sonorités selon les années, selon si le niveau de sortie de leur micros était faible ou fort, ils ont utilisé différent types de bois et de matériel.
    Je fais plus référence aux Strats des années 60 qu’à celles des années 50. J’avais des idées préconçues plus tôt dans ma carrière de collectionneur, pensant « tu dois avoir un modèle de 55, 56 ou un autre. » Mais après en avoir tant et tant possédé, et toutes essayées, mes Strats actuelles commencent à partir des années 60 et je suis toujours intéressé par les modèles de 64 à 69, parce que c(‘est ce que j’entendais dans les enregistrement de quand j’étais gamin.
  • 1964 Fender Stratocaster (17) Cette guitare a le « truc ». Vous le savez quand vous brancher une Strat, switchez sur le micro manche, et jouez la corde de Sol à la 12ème case, vous savez tout de suite si elle a ce ton si équilibré. Pas trop mincre, pas trop brillant, mais pas mort. Je l’ai branchée, joué deux notes et fait « Oh, je l’ai. » La Strat Sunburst de 61 n’as pas le profil d’une guitare lead, mais a un meilleur son de rythmique que celle-ci. C’est pourquoi j’ai les deux. J’ai pensé, « Pour deux ou trois morceaux, elles vont être les guitares parfaites. »

Article original (vintageguitar.com)

[hr_small] Haut ▴

Retrouvez l’interview complète dans la section Interview ;).

Recent Posts