Joe Satriani docteur en Musique à titre honorifique

Joe Satriani Docteur en Musique

Le Musicians Institute (Los Angeles) a été fier de vous présenter le légendaire guitariste Joe Satriani et de lui remettre un Doctorat en Musique à titre honorifique (Honorary Doctor of Music Degree) à l’ouverture de nos cérémonies au Wiltern Theater.
Au moment de la remise de son titre, Joe a dit : « Wow, c’est vraiment quelque chose ! Je veux dire, je n’ai jamais eu l’occasion de tenir un diplôme parce que j’étais tellement un garçon rock’n’roll et entêté que je ne suis jamais allé jusqu’au bac quand j’étais au lycée et que je n’ai pas tenu plus d’un semestre et demi à la fac. C’est comme si ça me donnait raison. Merci. »

Il a vraiment su marquer un changement dans le monde de la guitare, nous étions heureux de pouvoir honorer la carrière d’une si grande icône pour qui les accomplissements ont légitimement su l’imposer en tant que maître aux yeux de tous.
Après avoir reçu son titre, Joe a continué avec un message inspiré, et nous a raconté l’histoire de son parcours de musicien qui a commencé lorsqu’il avait neuf ans…

« J’ai commencé en tant que batteur, dit-il, comme tout enfant de 9 ans j’aimais la musique, et je savais que je voulais être musicien, j’avais la passion d’aller ci et là pour essayer de comprendre quel était le secret de la musique. »

Joe a raconté à son audience de musiciens diplômés la première de trois incroyables et importantes leçons, la première lui venant de son père, et qu’il a appliqué tout au long de sa carrière si variée.

  • « Une des meilleures leçons que j’ai appris de cette période n’est pas venue de mon professeur de batterie, mais de mon père. Il est rentré du travail très tard une nuit, vers 23h, et a appris d’un de mes grands frères que je n’avais pas joué de batterie de toute la journée. Il m’a donc réveillé, fait aller au local en pyjama et m’a fait jouer la leçon entièrement. Il est resté en retrait en étant bien attentif à tout ce que je jouais, et quand je ne pouvais vraiment plus rester éveillé plus longtemps il a dit « Joe, si tu veux devenir un musicien professionnel, tu dois t’entrainer tous les jours. »

    Maintenant ça semble très simple, mais c’était le plus gros et le plus élégant conseil que j’ai jamais reçu de qui que ce soit et qui m’a soutenu dans tous ces moments dans une carrière où on se demande « Qu’est-ce que je dois faire maintenant ? Et qu’est-ce que je ferais après ? » Maintenant mon père n’était pas un musicien, il ne parlait pas de travailler vos bases tous les jours, ou vos gammes, ce qu’il voulait dire était de « s’entraîner chaque jour pour devenir un musicien. » C’est bien resté en moi. »

La deuxième leçon qui l’a marqué est venue d’une consigne donnée par son professeur de Théorie Musicale (Advanced Music Therory) au lycée :

  • « Il nous a donné un cours un jour, un cours vraiment très intéressant. Il a dit « Je veux de vous que vous passiez chaque jour une demi-heure sur un papier et que vous écriviez la musique que vous jouez avec votre instrument. » Bien sûr le gosse rock’n’roll que j’étais a dit « Pourquoi est-ce que je voudrais faire ça ? Je veux juste jouer de la guitare. »

    À ce moment-là, il a voulu me parler en aparté et avec tout son respect il m’a dit « Tu sais Joe, quand tu auras 20, 22, 25 ans il pourrait s’avérer que tu n’es pas un si bon joueur de guitare que ça après tout. » C’était un excellent conseil. Il a continué à me glacer en disant « Le musicien qu’il y a dans ta tête et dans ton cœur est sans limites, il ne connait pas de frontières. Tu peux continuellement améliorer avec musicien tout au long de ta vie sans se soucier de qu’il arrivera à ton corps. » C’est devenu mon second mantra, que j’ai résumé dans en « toujours améliorer le musicien dans sa tête, son cœur, et son corps. » »

Après le lycée, Joe a pris des cours de Lennie Tristano, le père du Cool Jazz, quand il vivait à New York…

  • « Il a été le premier musicien à composer, jouer, et à enregistrer du Free-Form Jazz. Il est probablement le plus grand musicien que j’ai rencontré dans ma vie. Il m’a donné une leçon qui est peut-être une des plus profondes que j’ai jamais apprise. Elle vient d’un jour où il m’a demandé de faire une improvisation. Il est revenu là-dessus et m’a demandé ce que je pensais de ce que j’avais pu jouer. Je lui ai donc donné une petit critique de ce que j’ai pensé et m’a un peu sermonné.

    Il a dit : « Le problème avec vous les gars des banlieues est que vous avez la maladie du subjonctif. Vous êtes toujours anxieux à propos de ce que vous auriez voulu jouer, ou de ce que vous auriez pu jouer, ou de ce que vous auriez dû jouer, et au final vous ne jouez jamais ce que vous voulez jouer. »

    Ne jouez que les notes que vous voulez jouer, les notes qui viennent de l’intérieur. Lennie voulait vraiment que tout soit frais, vivant, et venant droit du cœur, il voulait que ce soit le vrai Joe qui s’exprime. C’est devenu une de ces choses que vous ne pouvez pas arrêter de travailler, je ne sais pas si vous êtes déjà arrivé à ça, mais c’est elle que j’ai mise avec les deux autres : « Travailler tous les jours et ne jamais s’arrêter d’apprendre, développer le musicien dans sa tête, son cœur et ses doigts, et seulement jouer ce que vous voulez jouer. » »

Joe a décrit comment ces trois leçons l’ont accompagné tout au long de sa carrière. Une carrière de succès, d’échecs et d’inattendus. « Des choses arrivent dans votre vie et vont juste se faire au hasard. Elles vont et viennent sur le seuil de votre porte et c’est comment vous les gérez qui fait vraiment la différence. »

Joe a partagé plusieurs histoires à propos d’événements inattendus où il a dû se poser et se demander quel est le chemin qu’il doit prendre. Quand Joe a reçu un appel d’une audition pour le groupe solo de Mick Jagger, il a évoqué des doutes que personne ne peut soupçonner, mais ça ne l’a pas empêché d’accepter, parce qu’il savait dans sa tête qu’il avait la capacité pour.

  • « Là, c’était un de ces moments, et ils peuvent vous arriver, où vous êtes face à un défi qui est aussi une opportunité et que vous vous demandez « Est-ce que je peux le faire ? » Et bien sûr vous le savez, vous pouvez avoir des doutes, mais quand j’étais encore un enfant j’ai compris que la seule chose que vous pouvez faire est de répondre par l’affirmative, j’ai donc commencé à m’entraîner à toujours me répondre avec un « Ouais, je peux le faire ! » »

Au fil des défis inattendus et des opportunités qui se sont présentés dans sa carrière, Joe dit qu’il s’est toujours arrangé pour contrer tous les doutes avec une affirmation de ses capacités et de ses aspirations. Il a encouragé la classe des diplômés à en faire de même.

  • « Vous savez, tous ces défis, ils vont vous grandir, vous faire devenir plus fort et je ne suis pas effrayé par l’échec parce que parfois échouer est une bonne option. Je pense que vous pouvez apprendre beaucoup plus d’un mémorable et grandiose échec que vous ne pourrez jamais apprendre des petites réussites d’à côté. »

Il a rappelé aux musiciens diplômés de toujours jouer avec leur tête et leur cœur.

  • « C’est vraiment ce que les gens peuvent entendre de ce que vous êtes. Si vous ne jouez pas ce que vous souhaitez jouer, personne ne pourra vraiment vous entendre. Ils vont juste entendre quelqu’un comme vous qui joue comme tout le monde joue, donc réfléchissez à ces trois leçons et rappelez-vous que lorsque cette petite voix dans votre tête vous dit « Est-ce que je peux le faire ? », vous devez vous évertuer à lui répondre « Ouais, je peux le faire ! »

    Je parie que vous pouvez, bien sûr, je vous regarde tous maintenant, ici dans ce théâtre où j’ai joué tellement de fois, et c’est vraiment excitant de juste être là et avoir la possibilité de vous dire ô combien ma carrière a été étrange, quel chanceux j’ai été, et, le plus important, vous parler de toute sa préparation.

    Mais je me demande quels défis et quelles opportunités vont venir sur vos chemins à tous et qu’est-ce que vous allez dire quand vous vous demanderez « Est-ce que je peux le faire ? » J’espère que vous allez répondre « Ouais… Je peux le faire ! » Je sais que vous pouvez. »

Source : Musicians Institute

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