

Sorti en 1993
Disque 1 :
Disque 2 :
Live enregistré à San Diego (1988), Philadelphie, Boston, New-York (1992)
Joe Satriani (guitare, basse, claviers)
Stuart Hamm (basse)
Jonathan Mover (batterie, percussions)
Tom Coster (orgue)
Phil Ashley (claviers, séquenceur)
Simon Phillips (batterie)
Jeff Campitelli (batterie)
Matt Bissonette (basse)
Gregg Bissonette (batterie)
Bongo Bob Smith (programmation batterie)
John Cuniberti (programmation batterie)
Relativity Records
Chansons écrites par
Joe Satriani
Produit par
Joe Satriani et John Cuniberti
Tout juste un an après « The Extremist », notre bon Satch revient au bercail et ramène dans ses valises un sympathique cadeau, sous forme de deux galettes pleines à craquer ! Ouah, deux fois plus de matériel que d’habitude à se caler dans les oreilles ? Pas tout-à-fait…
En réalité, « Time Machine » comprend deux disques totalement différents : d’abord un premier disque, constellé de quatorze compositions, rares ou inédites, hétéroclites dans l’inspiration et versatiles dans la tonalité du propos. Un bouquet de notes puisées à même un livre de souvenirs d’explorations musicales étalées dans le temps, révélatrices des regards associés aux différentes étapes de sa carrière. La voilà donc, cette curieuse machine à remonter le temps dont Joe nous dévoile le prototype sur cette étrange pochette noyée de vert.
Le second disque est un kaléïdoscope des dernières tournées américaines de Joe, une vision du passé qui donne lieu à une projection dans le futur et qui offre à tout un chacun une idée des champs d’expérimentation envisagées par ce voyageur de la six cordes.
Les protagonistes présentées, détaillons le mécanisme de l’engin : L’entreprise se voulait être la découverte d’un éventail d’horloges figées à une époque, et dont le mécanisme se serait ré-activé pour soumettre à l’auditeur la vision d’un temps, d’une atmosphère, d’une idée mise en note ou d’une folle tentative d’un instant. Le résultat est convaincant : quatorze morceaux qui dépeignent des mondes différents, avec une sensation d’hétérogénéité (compréhensible) quelque peu aplanie par la qualité d’une production soignée, homogène et récente, pleine d’effets, qui esquive ainsi les aspérités d’une qualité sonore oscillante. Le côté compilation de la chose n’empêche donc pas l’auditeur de profiter de cette escapade temporelle dans un confort d’écoute appréciable, et contribue à donner à l’ensemble la coloration d’un album pur et simple.
Concernant la qualité du matériel proposé par Joe, et comme on pouvait s’y attendre en compulsant les données initiales de cette entreprise fort sympathique, on trouve du bon, de l’anecdotique, du surprenant, et la touche de magie qui illumine ici un solo, là un phrasé, et rappelle à qui nous avons à faire… Du Satriani en somme. Le profond « Time Machine » et ses effets de réverbérations est un pur chef d’oeuvre, « The Mighty Turtle Head » et les deux « Banana Mango » apportent une pointe d’exotisme et d’originalité qui fait bien plaisir, tandis que le rapide « Dweller On The Threshold » et l’angoissant « I Am Become Death » rameutent des volutes bien noires… ce qui n’empêche pas le péchu « Speed Of Light », dans la lignée des morceaux entraînants typiques de Joe, de venir saupoudrer tout ça d’un peu de gaieté simple et communicative. Oh, on trouve bien d’autres choses également, telles les ballades « All Alone » et « Thinking Of You », un étonnant instrumental à l’intitulé suffisamment évocateur, « Baroque » – cet album s’appelle « Time Machine » après tout – ou encore « Crazy », un morceau chanté dans la veine du « Strange » de « Flying In A Blue Dream ».
Le live s’emploie à triturer les compositions originelles en y injectant un peu de folie et d’audace. Le groupe joue bien, très bien même, et la set-list est en béton, n’omettant pas les classiques immanquables du répertoire de Joe, avec une mention particulière pour l’interprétation d’ »Echo », grandiose et incandescente…
Au final, ce « Time Machine » s’impose logiquement comme un objet luxueux (le livret, bourré de photos, est très détaillé et présente le disque par le menu) qui ravira les fans de Joe, bien sûr, mais qui pourra également séduire les amateurs de musique instrumentale de qualité. Intéressant pour ses facettes multiples qu’il fait miroiter, éclairant d’émotions variées les sens de l’amateur moulé dans un fauteuil moelleux, « Time Machine » mérite tout-à-fait qu’on tente l’expérience à travers le continuum espace-temps.