

Sorti en 1986
Joe Satriani (guitares, basse, claviers, percussions)
Jeff Campitelli (batterie et programmation)
John Cuniberti (percussions et chant)
Relativity Records
Enregistré et mixé aux HYDE STREET STUDIOS, San Francisco, Californie (1985-1986)
Chansons écrites par
Joe Satriani
Produit par
Joe Satriani et John Cuniberti
Contrairement à ce que beaucoup croient, « Not Of This Earth » n’est pas la premiere oeuvre discographique de Joe Satriani. Un premier EP intitulé « Joe Satriani » avait vu le jour en 1984, mais il est vite devenu introuvable, et plutôt que de le rééditer, Relativity Records a préféré en extraire les titres pour les caser sur la compilation de raretés « Time Machine » (1993).
En 1986 sort donc le premier véritable album de « Satch » comme on le surnomme, et force est de constater que pour un premier essai, c’est un disque d’un fort beau gabarit ! Le style si particulier de ce guitariste de San Francisco se détache déjà et on reconnaît dès les premiers accords ce qui a fait le succès de ses albums suivants, à savoir une extraordinaire fluidité dans le jeu (on entend toutes les notes), une dextérité et une technicité hors du commun et une bonne dose de feeling, ce qui le place nettement au-dessus des autres guitar-heroes.
L’émotion est omniprésente dans la musique de Satriani, écoutez-donc « Rubina » (du nom de sa femme) pour vous en persuader. Les solos ne manquent pas sur cet album puisque la musique de Joe est essentiellement instrumentale, ce qui peut légèrement dérouter l’auditeur, surtout à la première écoute de cet album quelque peu expérimental, mais les gens ouverts d’esprit et sachant reconnaître la musique de qualité apprécieront à coup sûr.
Alternant entre beats funky sur « The Snake », ambiance pesante sur « Hordes Of Locusts », bande originale de film sur « Driving At Night » (ou comme souvent chez Joe le titre de la chanson reflète vraiment son contenu, écoutez, vous verrez…), ou encore country-blues-rodéo-un-peu-fou sur « The Headless Horseman » (double tapping !) qui clôt l’album, Satriani pousse encore plus loin la révolution de la six-cordes amorcée par Hendrix et prolongée par Jeff Beck, Eddie Van Halen et consorts.
Pourtant, on peut relever deux principaux défauts à cet album : la production qui n’est pas encore digne du maître, et la trop grande place accordée à la boîte à rythmes.
Mais au final, « Not Of This Earth » reste un vrai régal, même si le meilleur reste à venir. Sur la pochette intérieure du disque, Joe annonce qu’il travaille sur un nouvel album, qui, selon ses dires, tournera les têtes et fera tomber les mâchoires. L’Alien est désormais sur orbite !