Biographie Joe Satriani

Biographie Joe Satriani

Biographie Joe Satriani

Introduction

A l’évocation de Satriani, deux écoles s’affrontent. Ceux qui sont tombés sous le charme de sa musique instrumentale et les autres.
Ces autres qui ne voient dans son style qu’une suite interminable de notes sans âme ni relief, qui lui reprochent de n’avoir cédé ni au minimalisme rock ni à l’hypnose techno.
Ces autres encore qui le taxent volontiers de « shredder » parce qu’il ose maîtriser des gammes pas tout à fait comme les autres.
Et qu’il va jusqu’à s’associer avec d’autres virtuoses du manche, pour organiser des concerts où la dextérité rivalise avec le brio.

Pour ceux-là, Joe Satriani est davantage un musicien qu’un artiste.

Pourtant, « shredder », Satriani se refuse à l’être.
Du moins dans l’acceptation péjorative du terme.
De « Not Of This Earth » à « Black Swans And Wormhole Wizards », l’ancien prof de guitare a prouvé que sa musique pouvait évoluer, en marge des modes et des formats radio.
Dans une interview accordée au magazine Guitar World, il y quelques années, à l’occasion de la sortie de  » Joe Satriani « , il avait donné sa propre version : « Si tu joues de la guitare avec la bonne attitude, et que tu te fous des règles et des frontières qui sont temporairement imposées par des considérations commerciales, alors oui, tu es un shredder. »
Élégante parade à la question d’un journaliste qui voyait en Satriani le meilleur représentant d’un courant censé englober tous les virtuoses de la guitare instrumentale des années quatre-vingts.
Et Satriani, afin de se démarquer, d’ajouter : « Neil Young est un shredder. Les Smashing Pumpkins aussi. Ils n’ont rien à voir avec Allan Holdsworth ou John McLaughlin, mais ils ont la même attitude. Lorsque McLaughlin exécute une pièce, sa seule ambition est de l’exécuter le mieux possible ; ce qui transparaît, c’est sont amour de l’instrument et sa volonté d’abattre des murs.
Je crois que le rock alternatif aspire à la même chose. C’est simplement une forme sonore différente. ».

Au sens strict, « shred », en anglais, signifie : « lambeau » ou « déchiqueter ». Cependant, au début des années quatre-vingts, le terme a été banalisé pour designer un certain genre de musiciens, les uns issus du jazz-rock, les autres du métal. Leur point commun : la virtuosité dans la guitare instrumentale. Inévitablement, Joe Satriani allait donc être non seulement associé à ce courant, mais surtout hissé au rang de chef de file de la « shred music ».

Quelle ironie, alors que, quelques année plus tôt, le punk-rock anglais s’était employé à combattre tant la virtuosité que la « guitare attitude ». Sa connotation péjorative, le terme « shred » la doit précisément à cette fameuse « guitare attitude ». Mais dans cette cour, Satriani n’a jamais joué. La musique qui jaillit de l’esprit de cet ancien prof est simplement le fruit d’une recherche approfondie sur l’étude des gammes et des sons. D’ailleurs, il suffit de l’entendre se plaindre des journalistes « obtus » qui, chaque fois que sort un de ses albums, l’exaspèrent régulièrement en l’accablant de questions technico-techniciennes.

Joe Satriani évoque dès la première écoute, une impression de totale maîtrise de son instrument, du son, et de la technique « guitaristique ». Blues, métal, rock, funk, musique classique, musique ethnique, musique indienne, extrême orientale, africaine, … telles sont les influences du mage. On retrouve chez lui du Hendrix, Jeff Beck, John McLaughlin, Jimmy Page, Ritchie Blackmore ou Allan Holdsworth. Mais la copie de chacun de ces styles est toujours évitée. Même si, au pied levé il a souhaité retrouver le groupe Deep Purple abandonné par son leader en pleine tournée au Japon (2 décembre 1993 – juillet 1994), Il n’a jamais cherché à copier le style de Blackmore ! Joe débute au piano, puis poursuit à la batterie avant de se mettre à la guitare. C’est le jazz et Duane Eddy qui le propulsent vers une carrière de musicien. Wes Montgomery, Charlie Parker et autres Miles Davis ou John Lee Hooker viennent compléter ses influences, suivis de près par les groupes de hard-rock des années 70, comme Led Zeppelin, Van Halen ou Black Sabbath. Enfin, Gabriel Fauré, Claude Debussy, Eric Satie et Bela Bartok dont les travaux furent abordés en université, constituent chez lui un parfait conglomérat influent. Restait à couvrir le patrimoine musical ethnique, fidélisé par des auteurs moins connus, mais tout aussi présents dans les références de Joe.

Côté matériel, l’Alien ne fait pas dans la simplicité, multipliant amplis et effets. Cependant, il est important de retenir les constantes : une guitare Ibanez Modèle Joe Satriani aux micros Paf Pro et Paf Joe DiMarzio modifiés, qui rentre dans une Wah-Wah Dunlop CryBaby, puis dans une Whammy Digitech, et dans une pédale Boss DS-1. Côté Ampli, c’est en majorité des têtes Marshall 30ème anniversaire, ou des Mesa Boogie Dual Rectifier… Mais maintenant Joe est lié à Peavey et il a créé sa gamme JSX qui le suit partout… Enfin, composantes essentielles du son « Satch », le chorus Boss CE-3 et un Delay digital Chandler intégré à la tête d’ampli.

Depuis plus de vingt ans maintenant, Joe Satriani reste fidèle à son style, tout en essayant de faire évoluer sa musique. D’une grande précision, Joe allie toucher et rapidité, affichant un jeu legato caractéristique apportant fluidité et mélodie aux diverses parties solo. Ses rythmiques incisives ou fondées sur des arpèges assez complexes viennent s’enchaîner à des morceaux complets joués uniquement en tapping. Et quand Monsieur Satriani se met au Blues, il excelle autant qu’un King qui ne fait que ça depuis 40 ans… L’écoeurement atteint son paroxysme lorsqu’il clame, sans fierté, qu’un jeu aussi complexe et varié lui est naturel. Et s’il a cessé depuis longtemps ses activités d’enseignant, il a toujours continué à apprendre lui-même : apprendre à jouer le plus simplement du monde, en appliquant la politique du moindre effort, et aller à l’essentiel pour l’intensité de l’expression. « Super Colossal », par exemple, n’est en somme que l’aboutissement d’une évolution permanente. Parlons alors de phénomène, ou alors montrez-m’en un, que je sache à qui j’ai à faire…

Avec plus de dix millions de ventes pour 11 albums solos (deux de platine, quatre d’or), 13 nominations aux Grammy Awards, 3 DVD de platine, l’historique G3 qui rencontre un succès permanent, c’est un colossal tour de force et un accomplissement sans précédent. Comment expliquer une telle longévité ? Joe Satriani n’est pas seulement un guitariste, ni même un shredder, mais un magicien de la musique, qui au fil du temps est parvenu à maîtriser mieux que quiconque le sublime instrument qu’est la guitare…

Haut ▴

De 1956 aux années 80

Joe Satriani est né le 15 Juillet 1956 à Westbury (Etat de New York) et touche un peu à la guitare sèche de sa soeur aînée qui gratouille de la folk et réalise même quelques scènes. Se passionnant dès son plus jeune âge pour le blues, il commence à jouer de la batterie dès l’âge de 8 ans puis du synthé. Le 18 septembre 1970, tout s’écroule pour lui lorsque Jimi Hendrix meurt. Joe, qui n’a alors que 13 ans, décide d’arrêter tout pour se consacrer entièrement à l’instrument de son idole. Les années suivantes seront ainsi des années d’exercice assidu dans le seul but de devenir un grand guitariste. Il y apprendra les théories musicales à la High School auprès de Bill Wescott et commencera à s’intéresser au jazz. Il prend plus tard des cours avec le guitariste Billy Bauer, et le pianiste Lennie Tristano. Accepté à 18 ans au Berkley College, il dirige dans un premier temps, sa carrière vers le professorat. Il donnera des cours à des guitaristes de renom comme David Bryson de Counting Crows, Kirk Hammet de Metallica, Larry Lalonde de Primus, Charlie Hunter, Jeff Tyson et bien sur Steve Vai son ami de longue date. Il forme en 1979 le groupe de pop « The Squares » à San Francisco, en compagnie de Jeff Campitelli (batterie) et Andy Milton (basse). En 1984, alors que son groupe un peu trop avant-gardiste ne marche pas très fort, il enregistre un EP de cinq chansons, commercialisé sous un label indépendant nommé Rubina (le nom de sa femme).

Steve Vai, alors sous les ordres de Frank Zappa, le présente à Relativity Records.
Joe, qui est en train d’enregistrer son second album
« Not of This Earth » se voit commander par Relativity un album différent, moins « boîtes à rythmes ».

Les démos de Joe seront les chansons de « Surfing With The Alien » qui sort en 1987 et devient disque de platine. Cet album contribue à l’avènement de Joe Satriani, qui arrive à imposer un style nouveau, bien que Jeff Beck avait déjà ouvert la voie avec « Wired ». Satriani est à cheval entre blues et jazz (pour le côté instrumental, et la construction des morceaux), le métal et le rock pour le son et le rythme… Fidèle aux guitares Ibanez, il aidera le constructeur à sortir de la production de copies de guitares (certes excellentes) pour le conduire à l’élaboration des modèles caractéristiques de la marque (modèles RG et modèles signatures JS). Stu Hamm (basse) et Jonathan Mover (batterie) contribuent au succès de l’album, toujours supervisé par John Cuniberti et Jeff Campitelli. C’est un des albums mythiques de Joe Satriani, avec l’emblématique « Surfing With The Alien » (une mélodie envoûtante avec une technique exceptionnelle), « Ice 9″ dans le même style et tout aussi surprenant, ou encore l’exceptionnel « Crushing Day » (un des titres les plus techniques de Joe encore à l’heure actuelle). Et que dire de l’incontournable « Always With Me, Always With You » (une sublime ballade alternant mélodies et moments de bravoure), sans oublier « Satch Boogie », le véritable hymne de Satriani (une rythmique endiablé sur un tempo d’enfer, et un solo ravageur qui pose les jalons de la technique de Joe Satriani pour les années à venir). Et il ne faut pas non plus oublier le célèbre « Midnight » tout en tapping, qui ravira les amateurs de cette technique.

Ce succès conduira Relativity à un second tirage de « Not of This Earth » terminé deux ans plus tôt en 1985, et qui connaîtra une nouvelle couverture. Joe sort des clichés à travers cet album, montrant un son très abouti, bien que jugé très froid au regard des autres albums. Joe dérange par la clarté et la précision de son jeu, et ses expérimentations. John Cuniberti et Jeff Campitelli aideront à l’arrangement de cet album produit à l’origine grâce à des fonds personnels de Joe.

Le 11 Juin 1988, trois chansons ont été enregistrées live durant la tournée « Surfing With The Alien », plus un titre studio (The Crush of Love), donnant naissance à « Dreaming # 11″ . Joe confirme son talent par des prestations scéniques qui font mentir tous ceux qui doutaient de son réel talent et l’accusaient alors d’être le roi des overdubs et de produire des titres sans âme et spontanéité.

Commence alors la période Glyn Johns, qui conduit Mick Jagger à embaucher Joe sur sa tournée solo, et en Octobre 1989 à la sortie de « Flying In A Blue Dream » , comprenant 18 titres dont 6 chantés. Joe couvre à travers cet album tout les styles de musiques, passant du blues au hard rock, du tapping au banjo, du classique au pop-funk. Le célèbre « Flying In A Blue Dream » repris à quasiment tous ses concerts (une mélodie envoûtante et aérienne…), « The Mystical Potato Head Groove Thing » (superbe musique entraînante, qu’il jouera de manière exceptionnelle quelques années plus tard lors du G3 de Denver), « I Believe » (une ballade triste et pleine d’espoir à la fois, comme un hommage à son père qui s’en est allé, où Joe chante pour l’une des toutes premières fois), « One Big Rush » et « Back to Shalla-Bal » (mélodies accrocheuses dans le même style que « Surfing With The Alien »). Un des titres préférés des fans de Joe figure également sur cet album, « The forgotten, Pt. 2″ avec un solo qui résume tout le « style Satriani ». Joe s’avère être l’un des meilleurs guitaristes des années 80 sur le plan international, affichant une grande connaissance de la musique et un toucher remarquable.

Haut ▴

Les années 90

Après deux années d’écriture et d’enregistrement « The Extremist » voit le jour en juillet 1992. Après le décès de son père, cet album apparaît plus noir que les précédents. Son influence est plus orientée vers le hard-rock, « Friends », « The Extremist », « War », « Summer Song », « Motorcycle Driver »… autant de tubes dans un seul album ! « The Extremist » frappe fort et devient rapidement disque d’or ! Les musiciens Matt et Greg Bissonnette apportent le même punch qu’ils ont pu apporté à Steve Vai sur les albums solo de l’ex-chanteur de Van Halen, David Lee Roth. Joe se montre plus mélodique dans ses parties solos, et perd peu à peu l’image du musicien qui fait des « albums démos ».

« Time Machine » sort en Octobre 93, un double CD comprenant un disque studio et un disque live. Joe reprend alors rétrospectivement des morceaux inédits, ou mal distribués sous le label Rubina. Cet album est plus centré sur la prestation live au cours des différentes tournées de Joe, et marque un changement de cap dans sa carrière, tirant involontairement un trait sur la production faite par Relativity. De ce fait, Joe parvient à se démarquer de l’image que le public lui colle, celle du Guitar Hero froid et surproduit.

« Joe Satriani », album éponyme, entre dans les bacs en octobre 1995, et montre Joe sous un nouvel angle, plus blues et plus « roots », avec un son brut enregistré en studio dans les conditions du live, avec des musiciens d’exception. On retient notamment le titre « Cool #9″, très surprenant, très technique et très impressionnant en live ! Le très calme « Down, Down, Down » (plus on l’écoute, plus on est séduit). « Luminous Flesh Giants », le titre le plus rock de cet album. Mais Relativity s’orientant vers la production de musiques urbaines, Joe se voit contraint de changer de label et de se tourner vers Sony (Epic). La promotion de cet album est minimisée par Sony, et Joe est obligé de tourner énormément pour s’affirmer dans cette nouvelle direction. L’album est plus sobre, sans fioritures ni trop d’effets, et particulièrement efficace avec Manu Katché (Peter Gabriel) à la batterie, Andy Fairweather Low (Eric Clapton) à la guitare rythmique et Nathan East (Phil Collins, Eric Clapton) à la basse.

Un évènement majeur dans la carrière de Joe Satriani et dans l’histoire du rock ! 90 000 fans se réunissent en Amérique du Nord en Octobre 1996 à l’initiative de Joe Satriani pour découvrir le G3 (Joe Satriani, Steve Vai et Eric Johnson lors de la première tournée) qui n’arrêtera pas de tourner pendant six mois. Le G3 est une tournée mondiale, qui rassemble les meilleurs guitaristes du moment ; cette formule sera plusieurs fois reconduite par la suite, avec des guitaristes aux styles très variés, tous virtuoses, comme Kenny Wayne Shepherd, Michael Schenker, Uli Jon Roth, Robert Fripp, Yngwie Malmsteen, John Petrucci, ou encore Paul Gilbert, auxquels se joignent parfois quelques invités prestigieux tels que Billy Gibbons, Neal Schon, Steve Morse, Andy Timmons ou le français Patrick Rondat. Suite au succès de la formule, trois tournées du G3 firent l’objet d’enregistrement live en CD et DVD.

Durant l’année 1997, le G3, premier du nom sort en CD et DVD (« G3 Live In Concert »). Il arrive en Juin 1997 dans les bacs, pour le bonheur de tous. Le G3 continue à faire parler de lui avec 17 concerts en Amérique donnés par Joe Satriani, Kenny Wayne Shepherd et Robert Fripp. En Europe (Rotterdam et Londres) nous avons eu droit à 5 Dates d’un G3 qui était composé de Joe Satriani, Steve Vai et Adrian Legg.

Nouveau look, crâne rasé, vêtements noirs, lunettes… Le style de Joe en surprend plus d’un ! Le 3 Mars 1998 sort « Crystal Planet » , un album de 15 titres où Joe retrouve l’esprit et le son des premières productions. Le jeu est redevenu bien rock avec des solos bien lancés, certains étant même franchement apocalyptiques. « Crystal Planet » donne un nouveau souffle à la carrière de Joe Satriani. La technologie lui donne une autre dimension, et les morceaux deviennent alors magiques : « Lights of Heaven », « Crystal Planet », « Ceremony », « Secret Prayer » « Raspberry Jam Delta-V », le percutant « Up in the Sky » et l’énigmatique « Z.Z.’s Song ». Ces morceaux témoignent tous du niveau guitaristique qu’il a atteint. L’ambiance de Crystal Planet, caractérisée par l’utilisation de plus d’effets, montre que le style de Joe s’avère plus dépouillé, plus lyrique qu’autrefois. Il semble avoir trouvé le juste mélange entre les sons qui collent à l’actualité, l’utilisation de machines et de synthétiseurs, la mélodie surpuissante de la guitare et la musique instrumentale. Il est servi par Stu Hamm (basse) et Jeff Campitelli (batterie).

Pendant cette année également, le G3 est toujours présent avec une énorme tournée mondiale, 27 dates ! Il est composé cette année de Joe Satriani, Michael Schenker et Uli Jon Roth, avec en plus Brian May pour Londres et notre Patrick Rondat national pour la tournée française ! Le G3 98 passe par Lille, Paris, Dijon, Pau, Caen, Nancy, Mulhouse et Grenoble, rien que ça !

Haut ▴

De 2000 à aujourd’hui…

Pour le nouveau millénaire Joe enregistre « Engines of Creation », et tente de repousser les limites de sa musique (celle-ci devient super planante et techno).
L’album est enregistré dans « le château », un studio où domine l’électronique. Un style encore jamais vu mais redoutable est mis en avant. On notera les excellents « Devil’s Slide », hyper rapide avec un énorme solo en triple croches ! « Champagne » pour le millénaire qui est très blues malgré tout, le très tendance « Flavor Crystal 7″, le dément « Attack »… « Clouds Race Across The Sky » anciennement titré « As They Sleep », qu’il a composé en regardant des enfants dormir, « Borg Sex » avec une très belle intro de basse, une rythmique rock/techno et un très beau solo, « The Power Cosmic 2000″ issu d’une composition très ancienne parue dans un Guitar Mag américain de 89 et remixée en tapping pour l’occasion, « Until we Say Goodbye » sublime, et bien sûr « Engines of Creation ».
Le G3 se réuni de nouveau dans sa composition originale (Joe Satriani, Steve Vai et Eric Johnson)
pour une seule et unique date: le 21 Octobre à Kuala Lumpur en Malaisie à l’occasion du festival « Rhythm of Asia ».

Joe Satriani est toujours de la partie en compagnie de Steve Vai et pour la première fois de John Petrucci, le guitariste de Dream Theater, pour une nouvelle tournée G3 américano-mexicaine tout au long de l’année 2001.

Le 21 Juin 2002 sort un album qui porte le nom de son ancienne maison d’enregistrement « Strange Beautiful Music » . Satriani offre pas moins de 16 titres ! Depuis près de seize ans qu’il est sur le circuit, Joe Satriani a au moins pu se débarrasser d’un fardeau : celui de devoir encore et toujours, pour rester fidèle à sa réputation, en mettre plein la vue. La maîtrise est là certes, mais Satriani s’ingénie surtout à installer des ambiances et à créer des thèmes. Le magnifique « Chords Of Life », au-delà du solo dantesque, explore des horizons nouveaux. C’est bien là qu’est la quintessence de l’album instrumental. Toujours mélodiques, parfois orientaux, « Oriental Melody » et « Belly Dancer » sont des invitations à l’exotisme musical. « You Saved My Life » est très mélancolique sous ses sonorités de gamme majeure, en contraste avec un « Mind Storm » très métallique. Et que dire du style Hawaiian music délivré par le titre « Sleep Walk » (avec la participation de Robert Fripp)… L’ensemble demeure homogène et équilibré. Quelques envolées lyriques furieuses permettent aux musiciens de se pâmer, comme sur « New Last Jam ». Il utilise sa toute nouvelle JS 7 cordes pour les surpuissants « Mind Storm » et « Seven String ». Satriani signe ici un album personnel, riche de trouvailles mélodiques, de phrasés déliés, enjoués, nerveux… Mais la performance de « Strange Beautiful Music » est également d’être à la portée de tous.

L’année 2003 nous offre son double best of « The Electric Joe Satriani – An Anthology » regroupant ses plus grands titres dont 2 inédits à ne pas rater : « The Eight Steps » et « Slick ».
Fin 2003, Joe repart en tournée G3 avec Steve Vai et Yngwie Malmsteen pour un show exceptionnel.

En 2004, sort un DVD et un double CD de la tournée G3 enregistrée en live le 20 octobre 2003 au Fillmore Auditorium à Denver.
« G3 Live in Denver: Rockin’ in the Free World »
Dans le même temps, Joe Satriani sort le 13 Avril « Is There Love In Space ? » . Un album rempli de mélodies diaboliquement accrocheuses : « GNAAHH », « Lifestyle », « Hands In The Air », « Up In Flames » ou encore « If I Could Fly » en passant par l’énigmatique « Is There Love In Space ? » et le mystérieux « Searching ». A noter, l’intervention de son fils sur « Bamboo ».

L’année 2005 est également placée sous le signe du G3 avec le double CD et DVD « G3: Live In Tokyo » enregistré avec Joe Satriani, Steve Vai et John Petrucci le 8 Mai 2005 au Tokyo Forum.
Cette même année, le best of « One Big Rush – The Genius of Joe Satriani » sort dans les bacs et regroupe ses meilleurs titres sans inédits.

En 2006, le génie au crâne chauve nous offre son 12ème album studio « Super Colossal » , et nous rappelle par la même occasion qu’il est toujours de la partie ! Cet album est un condensé des différentes tendances « Satrianesques ». Appuyée par une rythmique d’enfer (le fidèle Jeff Campitelli et le célèbre Simon Phillips), cet opus met en valeur la guitare du virtuose. Enfin, il est à noter que Satriani s’est consacré à la coordination de l’ensemble des instruments. Le premier titre « Super Colossal », du même nom que l’album, commence par une rythmique qui n’est pas sans rappeler un grand succès des Queen. « It’s So Good » aux accents pop et « Hendrixiens », et « Redshift Riders » au tempo plus agressif, nous transportent dans l’univers du guitariste extra-terrestre. On a également droit à de sublimes ballades comme « Ten Words » ou « Made of Tears ». L’album se termine par « Crowd Chant », chanson très surprenante au premier abord, mais qui finit par prendre tout son sens en live : Joe s’adonne ici à l’un de ses exercices favoris, le jeu questions-réponses avec le public… Avec « Super Colossal » Satriani achève sa transformation, qui aura été longue et progressive, d’instrumentiste époustouflant en artiste accompli.

Le 31 Octobre 2006 sort « Satriani LIVE ! » en Double CD et double DVD enregistré avec une qualité de son et d’image exceptionnelle, le 3 Mai au Grove à Anaheim en Californie. Dans ce concert live, Joe reprend tous ses titres phares « Flying In A Blue Dream », « The Extremist », « Satch Boogie », « Surfing With The Alien », « Summer Song », « The Mystical Potato Head Groove Thing », ou encore « Always With Me, Always With You » (nominé aux Grammy Awards en 2007), ainsi que des nouveaux morceaux tirés de « Super Colossal ». En bonus, on trouve le clip vidéo de « Super Colossal » et l’enregistrement de « Crowd Chant », ainsi que d’autres pépites comme le reportage sur sa tournée en Inde en 2005.

Le 1er avril 2008, Joe délivre son 13ème album studio, sous l’appellation « Professor Satchafunkilus And The Musterion Of Rock ». Celui-ci servira de support à une tournée mondiale qui passe par la France le 27 mai 2008 au Grand Rex à Paris. Pour l’occasion, un DVD haute définition est filmé. Les nouveaux titres comme « Musterion », « I Just Wanna Rock », « Revelation », ou encore « Andalusia » sont de toute beauté et prennent toute leur ampleur en live, en Europe comme en Australie, en Amérique du Sud, ou aux Etats-Unis.

Dans le même temps, Joe a un nouveau projet. Début 2008, alors que son nouvel album studio est sur le point de sortir, il jamme avec un certain Sammy Hagar (ex-chanteur de Van Halen), aux côtés de Michael Anthony (ex-bassiste de Van Halen) et de Chad Smith (batteur des Red Hot Chili Peppers). Ainsi né le concept de Chickenfoot. Satriani, le guitariste instrumental, se lance dans un groupe résolument rock, orienté vers la scène et le live. Décidément, il parvient toujours à surprendre ses fans, suivant ses propres convictions et ses goûts du moment, bousculant ainsi les stéréotypes du guitare héros sclérosé. L’album éponyme du groupe est prévu pour juin 2009, avec quelques concerts préparatoires en mai aux Etats-Unis avant une tournée européenne des festivals (dont un passage à l’Olympia de Paris le 29 juin 2009) et une tournée nord-américaine en automne.

Haut ▴